Carnets d'exil

Je vais, je viens... Je m'arrête, je repars... Mais où ?

08 juin 2008

Des émotions dans tous les sens

Hier, grande journée, notamment l'après-midi où j'ai travaillé 5h non-stop. Il ne reste plus que quelques petits ajustements, l'intro et la conclu. J'y suis.

Le soir, bouffe entre collègues. Il y avait la bande habituelle, entre autres Pythagore, Thalès, et... Beau Gosse divorcé, dont je me serais bien passée. D'ailleurs à table on m'a placée entre les 2 beaux mecs célibataires de service, Pythagore à gauche, Beau Gosse à droite. Pythagore a fait comme si de rien n'était, a repris ses petites remarques complices. J'ai quand même fait de fines (ou moins fines) allusions, lorsque son cousin disait qu'il n'exprimait jamais ce qu'il ressentait. J'ai utilisé aussi Beau Gosse, lui demandant des nouvelles, rigolant avec lui, pour énerver Pythagore. Je n'avais qu'envie de mettre ma tête sur l'épaule de Pythagore.
A la fin de la soirée, je suis partie en même temps que Beau Gosse, ce qui n'était pas une bonne idée. Il m'a pris la tête un grand moment, dans le style de l'an dernier, à vouloir m'amener chez lui en ne me cachant pas ses intentions. Il m'agace. Il a tenté de me serrer dans ses bras. J'aurais voulu que ce soit Pythagore à sa place.
Je suis rentrée encore plus fatiguée et énervée. Ils me saoûlent, ces mecs qui ne veulent pas la même chose que moi !

Posté par lucinette à 11:34 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 juin 2008

Plus que 11 jours...

Plus que 11 jours avant de rendre mon chef-d'oeuvre...
De pensées en vrac m'envahissent, alors que je me suis levée plus tôt pour travailler et que je suis tellement fatiguée que j'ai l'impression d'avoir pris un coup sur la tête...
Ce soir invitation chez une collègue, où sera Pythagore, qui a bien vérifié jeudi que j'y serai aussi. Ça m'embête de décommander car j'ai bien envie de voir cette collègue et de lui faire plaisir, elle qui a traversé des moments durs. Mais l'autre... Je crois qu'il aura droit à des remarques perfides, voire sarcastiques.
Les vacances se rapprochent. Plus que 2 semaines avant la semaine de pause du Brevet où le collège est fermé. Ensuite, on ne sera pas envahi... Le temps passe, nous décollons le 29 juillet.
Mon frère voyageur est revenu, je vais pouvoir l'appeler enfin et parler, parler.
Je me suis confiée à M. Voisin hier, et lui s'est confié aussi, me disant qu'il réfléchit depuis 1 mois 1/2 à sa relation longue distance. Je sais que les bons moments qu'on passe ensemble le font aussi réfléchir. Zut.
Trop de choses compliquées. Trop fatiguée.

Posté par lucinette à 09:41 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 juin 2008

"..."

Il est temps de lever le suspense, si suspense il y avait. Que dire de la soirée, sinon qu'elle fut singulière, que je suis très fatiguée ce matin, très énervée, et que j'ai incendié les élèves tout au long de la matinée.

(Faut dire aussi, cette gourde de Lola qui me dit : "Ma mère viendra vous voir pour le dossier" sans rendez-vous, sans rien, comme ça... Mais oui ! J'habite au collège, elle peut venir quand elle veut, dimanche aussi. Je suis dispo pour tous, je n'ai pas de vie, je n'ai que ça à faire. Non, non, je ne suis pas Pythagore, moi ! Habile transition pour revenir au sujet)

Début de soirée sympa, à parler d'un tel ou d'un tel (élève ou collègue) au collège. Nous sommes restés dans le cadre du collège, strictement, mais il a osé parler davantage de certains, donner un avis plus perso que d'habitude. Il m'a aussi demandé des nouvelles de mon master.
Nous sommes arrivés tranquilles au dessert, et là, je me dis : "J'ai bien mis la victime en confiance, pan, je vais lui porter l'estocade finale !" J'ai habilement rebondi sur les perspectives de l'année prochaine, en disant que je ne serais plus là, que je ne le regrettais pas, que tout, la semaine avant les vacances, m'avait poussé à le faire. Il est devenu plus attentif. Il a compris, mais j'ai bien développé, c'est plus pédagogique ! "Oui, oui, le lundi avant les vacances, je me suis mangé une humiliation que je n'ai pas encore pardonnée !"
Voilà le sujet lancé. Question simple : que s'est-il passé ? J'ai besoin de le savoir pour aller au-delà.
Et là, pas de réponse. Rien. Un rire nerveux. Comme l'élève qui est passée en conseil de discipline le matin-même.
Trop génial.
Me voilà donc partie pour un monologue de près d'1 h (il est résistant à la torture, Pythagore ! Moi à sa place j'aurais dit  au bout de 10 mn : "tu me saoûles, je vais me coucher"). C'est moi qui l'ai viré, je n'avais plus rien à en tirer ; à 11h 20, je lui ai dit qu'il était temps d'aller se coucher !
J'étais beaucoup plus détendue que prévu, j'ai tout fait à l'ironie, tout tourné à la rigolade. Faut dire qu'il était bon public hier soir, il n'a fait que rire. Jaune certes. Je n'ai récupéré que quelques bribes. A aucun moment il n'a consenti à dire que j'étais moche, conne, chiante (les solutions que je lui proposais), mais il a répondu : "Tu n'as pas pensé que le problème venait plutôt de moi que de toi ?". Il m'a dit sur le ton de la blague qu'il aurait besoin d'une thérapie de plusieurs années pour parler, qu'il était un sauvage, qu'il ne parlait jamais de lui. Facile de faire la grande gueule au collège, hein ! Quelle fiote, tiens ! Je lui ai balancé qu'il avait déjà été amoureux pourtant, de son ancienne collègue que je ne connaissais pas. Réponse : "Non, c'est n'importe quoi !" (Mon oeil, oui !) et surtout "Elle était mariée de toute façon, y'avait aucun risque." Voilà, il l'a dit. Avec moi, il y a des risques. Je suis donc dangereuse. Quelle horreur !
Il m'a donc seulement dit qu'il pensait que j'avais compris avec sa réponse à mon sms : "Je vais rester un vieux garçon seul avec son chien", réponse très claire, à ses yeux. Je dois être bouchée alors. Il m'a dit qu'il trouvait les choses simples. Erreur, il essaie de les rendre simples, en oubliant que la vie est trop complexe pour ça. Je lui ai fait une grande leçon : "La vie c'est la merde, c'est compliqué, mais c'est génial, car on se sent vivant". Je ne sais pas ce qu'il va en retenir.
Ce que j'en conclus donc, c'est que non, ce n'était pas ambigu et qu'il préfère vivre avec son chien, car il "ne parle pas". Excellent !

Bref, beaucoup d'interrogations et d'incohérences qui me laissent perplexes : Pourquoi est-il venu, sachant qu'il était seul et que la conversation risquait de déraper ? Pourquoi est-il tant resté, pour ne rien dire ? Pourquoi ne parle-t-il pas ? Sa vie est-elle pleine de malheurs qui l'ont bouleversé, ou pleine de vide ? Joue-t-il consciemment au mystérieux, parce qu'il sait que ça séduit ?

Epilogue
Ce matin - 7h55 - Salle des profs de Ptit Collège ZEP.
Pythagore assis en face de moi. Il semble fatigué, mais peut-être que j'invente. Je lui lance un regard amusé, complice. Il me dit : "Je t'ai mis un mot dans ton casier." Moi : "?????? Gloups" (j'ai dû passer par toutes les couleurs de l'arc-en-ciel)
"Oui, c'est ce que tu dois à Anne pour le cadeau de Thalès"
"..............................................................."

Posté par lucinette à 13:12 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

05 juin 2008

Ce soir, c'est le grand soir. Je suis plutôt angoissée...
Je reviens plus tard raconter !

Posté par lucinette à 19:30 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 juin 2008

La fin du silence ?

Depuis le fameux samedi où il est venu manger avec S. et moi, Pythagore joue de nouveau le jeu de la complicité affichée. Mais de nouveau, il est mal à l'aise et distant quand on n'est que tous les 2. Il est même encore plus mal à l'aise qu'avant, sans doute en se remémorant la soirée d'avril où nous avons eu l'air trop nul sur ce trottoir.
Je l'ai invité seul pour jeudi soir, pour pouvoir enfin rompre le silence, car j'ai besoin de reparler de cette soirée. Je veux le faire parler, le mettre mal à l'aise. Peut-être l'humilier à mon tour.
J'en viens à le détester.
Il était extrêmement gêné quand je l'ai invité. Peut-être se décommandera-t-il.
J'espère de tout coeur que l'affaire sera close jeudi soir, même si je me sens mal rien que de m'imaginer aborder le sujet.

Posté par lucinette à 17:18 - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 juin 2008

Plus que 16 jours...

... Et je suis là à ne pas rédiger, à ne pas faire grand chose.
Dur de se remotiver.
Période difficile de remise en question.
Hier lever 8h30, pas de grasse matinée, pour rédiger, rédiger. Il me reste une moitié de sous-partie, plus une autre sous-partie. A peine 15 pages. Puis correction générale, ajout de transitions et d'introductions partielles. Puis grande introduction et grande conclusion. Puis bibliographie et table des matières. Puis ce sera à l'imprimante de travailler. Et à moi de racheter des cartouches. Enfin j'irai à Grande Ville étudiante, à la boutique où j'ai imprimé et relié ma maîtrise et mon mémoire pro. Et la boucle sera bouclée.
Et je dois faire ça en 16 jours. J'ai peur. Peur parce qu'avec l'urgence, je ne produis que de la daube. Des phrases qui font sacrément pitié tellement elles sont bancales. Mais je ne m'intéresse plus qu'aux chiffres. 31 pages + 51 + 40 + ... I + II + III a) + b)... Comme lorsqu'on est sur l'autoroute et qu'on voit la distance se rétrécir entre le lieu des vacances et nous. 378 km... 321 km... 265 km... 149 km...
J'arrive bientôt. Et j'ai cru ne jamais y arriver, puisque l'été dernier, j'avais décidé de m'arrêter sur la bande d'arrêt d'urgence.
Un beau point final, je suis contente. Contente car c'était pour que le Vieux soit fier de moi que j'avais décidé ça au début. Pour qu'il relise mon travail. Pour qu'il m'encourage. C'est la seule trace qui reste encore de lui dans mon existence. Je vais bientôt le rayer totalement. Plus aucun de ses désirs ne réglera ma vie.
Et ça, c'est bon.

Posté par lucinette à 19:26 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 mai 2008

Bis repetita

Les jours se suivent, se ressemblent...
En aucun cas je ne regrette mon choix : je suis heureuse de quitter le collège dans un mois.

Posté par lucinette à 18:06 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 mai 2008

Vertige

Je suis rentrée, je me suis assise sur mon fauteuil de bureau confortable et j'ai tourné, tourné, en regardant passer à toute vitesse les piles de livres, les tas de feuilles par terre, le plan de Rome au mur, les cartes postales d'Athènes, de Rome, d'Epidaure, mon étagère verte, la panière de linge à repasser, ma tronche pas en forme dans la psyché, tous les petits éclats de mon quotidien en désordre. Après quelques tours, j'avais envie de vomir, mais au moins je savais pourquoi.
L'envie de pleurer et de vomir s'est imposée à la sonnerie de 16h, alors que, paradoxalement j'avais terminé. Tout s'est accumulé. Tout s'accumule depuis quelques jours. Je saigne à l'intérieur et je n'ai pas le temps de me regarder saigner.
C'est la visite à cette amie d'enfance, maman, et la pensée qu'il y a 20 ans nous jouions à la maman pour de faux.
C'est le retour, du même coup, près des lieux où j'ai passé les écrits des concours et où j'ai fait passer les oraux du bac, il y a 3 ans, alors que j'étais avec le Vieux.
C'est la
date fixée pour rendre mon mémoire : le 18 juin, tout doit être fini.
C'est la masse de travail qui m'attend au collège : notes, conseils, nouveaux programmes à annoter.
C'est la médiocrité des deux collègues avec lesquelles je dois composer.
Ce sont les ragots qu'elles colportent sur tout et tous.
C'est Pythagore qui s'évertue à faire comme si rien ne s'était passé.
C'est le nombre de futurs latinistes qui croît, "pour être avec vous", alors que je ne serai plus là.
C'est la possibilité d'avoir peut-être un service en lycée l'an prochain, alors que je m'en sens maintenant incapable, après deux années à être lobotomisée.
C'est le plan drague de M. Voisin, qui me fait des gâteaux et passe beaucoup (trop) de temps dans les parages.
C'est l'envie de partir loin et la déception de constater les difficultés.
C'est l'absence de mon frère, à 10000 km pour affaires, sans téléphone, avec des mails envoyés quand je dors.

C'est le sentiment d'un tournant, fin de beaucoup de choses et début du trou noir.

Posté par lucinette à 17:27 - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

26 mai 2008

Assez

Assez des regards complices de Pythagore, alors qu'il ne m'offre pas ses bras.
Assez de sa gentillesse.
Assez de ses blagues, qu'il répète exprès pour moi.
Assez de ses attentions.
Assez de l'entendre parler devant moi de son ancienne collègue, qu'il a follement aimée, je le sais, avant qu'elle ne se marie avec un autre. Je crois qu'il ne lui a jamais dit.
Assez de lui.

Posté par lucinette à 17:47 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 mai 2008

On renoue avec les vieux démons...

Petit week-end sympa, avec la pluie à torrents, l'annulation du barbecue de l'immeuble, mais aussi la visite de S., que j'attendais depuis longtemps.
Après un tour rapide dans ma mini-ville et sous la pluie, café au calme. En parlant de Pythagore, j'ai donné envie à S. de le voir et d'éclaircir l'affaire ; elle ne comprenait pas qu'on puisse créer une telle situation et ne pas l'affronter ensuite.
Coup de fil à Thalès d'abord pour l'inviter aussi et ne pas faire louche. Thalès à 100km. Coup de fil à Pythagore, en pleines courses, qui nous demande de l'attendre et nous dit qu'il arrive.
Pythagore arrive, sachant très bien qu'il est en terrain ennemi, face à moi à qui il n'a pas vraiment reparlé depuis la fameuse soirée, et face à S. qu'il ne connaît pas, alors qu'elle, il doit s'en douter, le connaît. Il n'a pas l'air dérangé que Thalès n'ait pu venir. Ma main tremble quand je prends mon verre.
Nous parlons, parlons, le temps passe. Nous avons faim, lui proposons de venir manger avec nous. Il nous suit sans hésiter, alors que j'ai proposé juste par politesse et que je n'ai pas insisté.
Nous parlons, parlons. A 23h, il nous laisse et nous finissons toutes les 2 dans le seul bar branchouille de la ville.
Stupeur de S. : "Il est trop bizarre, ce type. Il te regarde avec les yeux de l'amour, alors je ne comprends pas son comportement. Il est intelligent, il manie l'humour. Je ne sais pas."
Moi non plus, évidemment, sinon j'aurais la clé du problème. Pour S., il préfère son confort que de déclencher dans sa tête le flot de questions : que va-t-il se passer après ?
Toujours est-il que je suis de nouveau tourneboulée, moi.

Posté par lucinette à 17:45 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »