29 mai 2008
Bis repetita
Les jours se suivent, se ressemblent...
En aucun cas je ne regrette mon choix : je suis heureuse de quitter le collège dans un mois.
27 mai 2008
Vertige
Je suis rentrée, je me suis assise sur mon fauteuil de bureau confortable et j'ai tourné, tourné, en regardant passer à toute vitesse les piles de livres, les tas de feuilles par terre, le plan de Rome au mur, les cartes postales d'Athènes, de Rome, d'Epidaure, mon étagère verte, la panière de linge à repasser, ma tronche pas en forme dans la psyché, tous les petits éclats de mon quotidien en désordre. Après quelques tours, j'avais envie de vomir, mais au moins je savais pourquoi.
L'envie de pleurer et de vomir s'est imposée à la sonnerie de 16h, alors que, paradoxalement j'avais terminé. Tout s'est accumulé. Tout s'accumule depuis quelques jours. Je saigne à l'intérieur et je n'ai pas le temps de me regarder saigner.
C'est la visite à cette amie d'enfance, maman, et la pensée qu'il y a 20 ans nous jouions à la maman pour de faux.
C'est le retour, du même coup, près des lieux où j'ai passé les écrits des concours et où j'ai fait passer les oraux du bac, il y a 3 ans, alors que j'étais avec le Vieux.
C'est la date fixée pour rendre mon mémoire : le 18 juin, tout doit être fini.
C'est la masse de travail qui m'attend au collège : notes, conseils, nouveaux programmes à annoter.
C'est la médiocrité des deux collègues avec lesquelles je dois composer.
Ce sont les ragots qu'elles colportent sur tout et tous.
C'est Pythagore qui s'évertue à faire comme si rien ne s'était passé.
C'est le nombre de futurs latinistes qui croît, "pour être avec vous", alors que je ne serai plus là.
C'est la possibilité d'avoir peut-être un service en lycée l'an prochain, alors que je m'en sens maintenant incapable, après deux années à être lobotomisée.
C'est le plan drague de M. Voisin, qui me fait des gâteaux et passe beaucoup (trop) de temps dans les parages.
C'est l'envie de partir loin et la déception de constater les difficultés.
C'est l'absence de mon frère, à 10000 km pour affaires, sans téléphone, avec des mails envoyés quand je dors.
C'est le sentiment d'un tournant, fin de beaucoup de choses et début du trou noir.
26 mai 2008
Assez
Assez des regards complices de Pythagore, alors qu'il ne m'offre pas ses bras.
Assez de sa gentillesse.
Assez de ses blagues, qu'il répète exprès pour moi.
Assez de ses attentions.
Assez de l'entendre parler devant moi de son ancienne collègue, qu'il a follement aimée, je le sais, avant qu'elle ne se marie avec un autre. Je crois qu'il ne lui a jamais dit.
Assez de lui.
25 mai 2008
On renoue avec les vieux démons...
Petit week-end sympa, avec la pluie à torrents, l'annulation du barbecue de l'immeuble, mais aussi la visite de S., que j'attendais depuis longtemps.
Après un tour rapide dans ma mini-ville et sous la pluie, café au calme. En parlant de Pythagore, j'ai donné envie à S. de le voir et d'éclaircir l'affaire ; elle ne comprenait pas qu'on puisse créer une telle situation et ne pas l'affronter ensuite.
Coup de fil à Thalès d'abord pour l'inviter aussi et ne pas faire louche. Thalès à 100km. Coup de fil à Pythagore, en pleines courses, qui nous demande de l'attendre et nous dit qu'il arrive.
Pythagore arrive, sachant très bien qu'il est en terrain ennemi, face à moi à qui il n'a pas vraiment reparlé depuis la fameuse soirée, et face à S. qu'il ne connaît pas, alors qu'elle, il doit s'en douter, le connaît. Il n'a pas l'air dérangé que Thalès n'ait pu venir. Ma main tremble quand je prends mon verre.
Nous parlons, parlons, le temps passe. Nous avons faim, lui proposons de venir manger avec nous. Il nous suit sans hésiter, alors que j'ai proposé juste par politesse et que je n'ai pas insisté.
Nous parlons, parlons. A 23h, il nous laisse et nous finissons toutes les 2 dans le seul bar branchouille de la ville.
Stupeur de S. : "Il est trop bizarre, ce type. Il te regarde avec les yeux de l'amour, alors je ne comprends pas son comportement. Il est intelligent, il manie l'humour. Je ne sais pas."
Moi non plus, évidemment, sinon j'aurais la clé du problème. Pour S., il préfère son confort que de déclencher dans sa tête le flot de questions : que va-t-il se passer après ?
Toujours est-il que je suis de nouveau tourneboulée, moi.
23 mai 2008
Pauvre petit poussin !
C'est ce que m'a dit mon collègue Philibert à 17h, en me voyant avec une petite mine à cause d'un gros mal de tête.
J'ai adoré !
21 mai 2008
Attendre attendre...
Je hais les réparateurs de chaudière.
J'ai reçu ma petite carte il y a 3 semaines m'informant que la visite annuelle aurait lieu aujourd'hui... dans la "matinée". Ma chaudière n'est pas en panne, non non, il faut juste vérifier qu'elle est en pleine forme. Comme ils peuvent passer à partir de 8h, j'ai mis mon réveil à 8h. Toujours personne, à 10h30...
Alors que je me suis couchée à 2h45... Oui, c'est de ma faute, je n'avais qu'à pas sortir une veille de visite de chaudière, ça ne se fait pas. Je comate donc sur mon clavier, à taper des conneries d'exos de langue pour les 6e, en me disant que de toute façon maintenant c'est trop tard pour aller me recoucher. Et le comble, c'est que je n'ose même pas aller me doucher, des fois qu'il arrive à ce moment-là. Les gens n'ont que ça à faire, attendre une matinée entière le réparateur de chaudière, quand leur chaudière marche ! Je devais aussi aller faire des courses pour acheter un cadeau pour un nouveau-né que je vais voir cet après-midi, mais le pauvre gosse il risque de ne rien avoir si ça continue !
Moi je vais dire à mes élèves : venez dans la matinée, je vous ferai cours entre 8h et 12h ! Et je viendrai à midi moins le quart !
Je deviens aigrie, moi ! C'est le manque de sommeil sûrement. Faut dire aussi que la soirée hier, même si elle était sympa, s'est déroulée en présence de Pythagore, et que comme le monde est mal fait, je me suis retrouvée assise à côté de lui. C'est bien, une soirée à parler à son voisin de droite, d'en face, mais pas de gauche. Enfin, si, j'ai un peu répondu au merveilleux compliment qu'il m'a fait : "Tu t'impliques énormément pour le latin au collège, c'est génial." Ah, lui ne me fera jamais rougir en me disant que j'ai une belle fringue ou une belle coiffure...
Et comme quand on aime, on ne compte pas, on se retrouve de nouveau invité ensemble samedi, dans un cadre totalement extérieur au collège, où je ne connaîtrai que lui et M. Voisin... Trop génial.
Bon, allez, je vais trouver un truc à faire avant l'arrivée de M. Chaudière et je reviendrai parler de mes futures vacances et de mon peut-être poste pour l'an prochain.
06 mai 2008
Gonflée !
Mal de bide depuis quelques jours, encore la psychose de l'appendicite. Verdict : colopathie. Comme c'est glam' ! Me voilà à prendre des médocs de vieille et à me faire un régime hyper restreint (plus de pain complet, plus d'épices, plus de légumes crus, plus rien !).
Du coup ce soir je suis bien fatiguée, même pas le courage d'aller nager. C'est dommage, j'aurais certainement bien flotté ! On verra demain. Glandouille devant l'ordi, bêtement, alors que j'ai un master à terminer. Pas envie de me faire à manger, puisque je ne sais plus quoi manger.
Le beau temps ne réussit pas encore à me dérider totalement, faut dire que j'ai plusieurs raisons d'être mal à l'aise au collège. Le commérage anti-collègues n'a jamais autant battu son plein et je déteste de plus en plus me trouver près de Mamie Aigrie et Fraîchement-divorcée qui y vont fort dans le cassage.
Demain soir je suis invitée chez Thalès, et bien sûr y'aura Pythagore et tout le tralala, cousins and co. Je n'ai pas voulu refuser, façon de dire : "Pythagore, tu ne me gênes pas, je t'ignore", mais je ne suis pas bien sereine. Lundi midi je suis allée manger avec eux et pas très très facile la conversation. Ce qui me rend le plus folle, c'est de savoir qu'il n'en reparlera jamais. "Ah bon, t'as tenté de m'embrasser ?" J'espère seulement que Super cousin sera pas là demain, sinon... on va se marrer. S'il me dit encore que je suis bonne à rien, je suis capable d'être désagréable. Même si ce serait mieux de ne rien étaler à la face du monde...
Une soirée à regarder Bridget Jones, ça s'impose !
03 mai 2008
Début de la saison des barbecues
Barbecue ce soir dans notre jardin d'immeuble, 25° dans mon appart, les photos de la Grèce que je passe en boucle, du soleil, du soleil !!! Enfin !!!
Pont.
5 jours à traîner mes guêtres du bureau à la cuisine ; et beaucoup de temps les 2 derniers jours au soleil dans les escaliers à causer avec M. Voisin, trop trop sympa.
10 pages de plus, ce qui nous mène à 90 environ. J'y suis, c'est bon, dans un gros mois je pourrai soutenir. Après tout ce que cette saloperie de Master m'a fait endurer, je suis bien contente.
2 soirées cinéma, films bien con-cons (trop bon !), dans le petit ciné de quartier où le monsieur passe avec ses glaces (ça existe encore, oui, oui !).
Ce soir, merguez dans le jardin avec M. Voisin et ses copains. Ça sent les vacances !
Organisation des vacances avec A. Aurons-nous assez d'argent pour partir loin ? Enfin, pas très loin, disons du côté de la Grèce (comme c'est original). Envie de tenter les Cyclades ou le Dodécannèse. A voir. 2 autres personnes à embaucher au moins, car je ne partirai pas seule avec A.
Envie de bronzer comme une idiote, de mettre mon nouveau maillot turquoise, de faire la fête et de rencontrer plein de gens, de partout, différent de moi et d'ici.
Pas envie de voir les élèves... M. Voisin au courant pour Pythagore, le disculpe : "Il a peut-être eu peur".
Ouais, c'est sûr ; moi aussi parfois je me fais peur en me voyant dans la glace...


