29 février 2008
Incompréhensions
La saga Pythagore continue... et n'évolue pas.
Hier, piscine tous les 2, comme toutes les semaines, sauf que là le reste de la bande n'était pas là. Et nous avons nagé. Évidemment. Je l'ai trouvé bien plus bavard que d'habitude, bien plus proche, mais c'est encore très très lointain. Je crois même que je suis plus proche avec mon nouveau voisin que je ne connais que depuis novembre. C'est pour dire...
Nous nous sommes ensuite posé dans les bulles, l'un à côté de l'autre, et nous avons écouté le clapotis des bulles... Reposant... Mouais. Enfin, ne soyons pas mauvaise langue, il me parle maintenant davantage de lui, de sa famille, de son passé (il y a un truc secret d'ailleurs, j'en mettrais ma main à couper), alors qu'avant c'était uniquement collège-collège.
Ensuite nous devions retrouver un 3e pour aller au resto et nous nous sommes finalement retrouvé chez ses cousins, où le 3e nous attendait devant l'apéritif. Et là, le cousin, qui attaque : "Mais on ne vous attendait plus ! Il t'a pas emmenée au resto ? Mais il est nul !!! Et ça t'énerve pas ?" Ça donne tout de suite le ton... Finalement, à mon grand désarroi, nous nous sommes faits inviter et ce genre de vanne est revenu ponctuellement, sans que je sache au bout d'un moment quoi répondre de drôle, et sans que Pythagore ne semble écouter. Un repas devant la Nouvelle Star, en plus... avec je l'avoue, Pyth en face de moi, qui me regardait fréquemment, et qui finalement m'a fait un sourire ! Dis donc, quel pas ! Finalement, j'ai fait mine de bouger, car j'en avais assez de la société, j'aurais aimé le voir seul, mais le 3e larron, qui avait trop bu, m'a demandé de le ramener, nous sommes donc partis, et le cousin m'a traitée de "bonne à rien", ce qui m'a profondément vexée.
Une fois rentrée, j'ai envoyé 2 sms à Pythagore : "Dommage que tout le monde était fatigué, car moi j'ai pas sommeil et j'aurais bien discuté avec toi", puis quelques minutes après : "Bonne nuit alors, car toi tu étais peut-être fatigué, et n'avais peut-être pas envie de discuter".
Pas de réponse, pas de manifestation. Je suis définitivement vexée. N'importe quel gugusse se serait précipité chez moi (je pense à Beau Gosse divorcé et je me marre !). Lui, vu comme il est doué, n'a pas dû les recevoir, tiens ! Je crois qu'il est encore plus boulet que je ne pensais, et que je n'ai pas encore vu la partie immergée de l'iceberg... Le défi me le rend intéressant, mais en fait, il m'énerve déjà, à se réfugier dans les jupons de tout le monde, à son âge. Il était bien rassuré, hier, chez ses cousins.
La suite du plan consiste désormais à faire la morte. De toute façon, il est pris tout le week-end (mais s'il le voulait, il trouverait du temps). Tiens, lundi, je n'irai même pas manger chez lui à midi avec les autres collègues comme d'hab. Parions qu'il ne comprendra même pas pourquoi.
26 février 2008
Vacances, sur un air de changement
Me voici de retour dans mon appart, après quelques jours chez papa-maman et chez mon frère. Il reste 5 journées complètes avant la rentrée pour bosser à mon master. Le programme de la 1ère semaine a été un peu tranquille, même si je n'ai pas ménagé ma fatigue, puisque j'ai profité de la grande ville pour faire les boutiques (aaaaaaaaaaaah....... H&M de la Part-Dieu, mon ami !).
Je n'ai toujours pas apporté de réponse définitive à ma question d'avant-vacances, mais je pense me diriger vers une nouvelle année de TZR. Je n'en dis pas plus pour l'instant.
Bon parlons de choses légères puisque nous sommes en vacances : notre affaire Pythagore. C'est un véritable problème mathématique. Mais un vrai casse-tête, hein, pas un problème de statistiques fastoche, genre combien de chances on a de gagner au loto. Non, non, là, c'est du lourd.
Flashback (ou analepse, c'est mieux) : une semaine avant les vacances, nous allâmes avec d'autres collègues, au resto, je lançai l'idée de la boîte de nuit, et nous dansâmes des heures. Point. Pythagore but (buva, comme diraient mes élèves), mais c'est tout. Pythagore était charmant dans son unique chemise. Nous lui fîmes d'ailleurs part ce soir-là de notre idée de le relooker, pour qu'il soit moins terne et qu'il se mette davantage en valeur. Il accepta. J'eus plusieurs fois envie de lui sauter au cou, mais je me retins, il n'aurait pas compris. Il semble tellement dans une autre sphère...
Le jour de la St-Valentin, j'invitai une poignée de célibataires à venir faire la fête chez moi. Nous bûmes et mangeâmes. Il fit partie du petit groupe de garçons qui resta tard dans la nuit pour m'aider à ranger et discuter. Point. Seulement, ou peut-être étais-je trop soûle et avais-je des hallucinations, il me sembla qu'il regretta que les autres restassent encore.
Le lendemain, café chez une collègue où nous nous charriâmes joyeusement, et où nous prîmes rendez-vous pour le shopping pour la 2e semaine de vacances.
... Cet après-midi, nous étions donc tous les 2 dans les magasins, puisque la 2e relookeuse n'était pas là. J'ai choisi ses chemises et pantalons et il est parti les essayer pour me les montrer. Je l'ai fait très très beau, et il n'a pas rechigné. Il m'a même fait remarquer qu'une de ses chemises était pratique car elle s'ouvrait rapidement, avec les pressions. Nous avons croisé des élèves. Nous avons fait une pause chez moi, avant de repartir ; mais nous ne sommes pas repartis, car à la fermeture des magasins, nous discutions encore. Oui, oui, nous discutions. Nous avons feuilleté ensemble le catalogue Jules, et il m'a posé les questions du test : "Quel genre de couple êtes-vous ?", en me scrutant ; puis nous avons parlé du collège. Il semble proche, mais derrière une barrière très très haute. Parfois je pense qu'il s'intéresse à moi ; parfois je pense que je ne lui plais pas. Il cultive l'esprit très bon copain, mais en même temps ne se confie pas. 20 cm nous séparaient sur mon canapé, mais je ne pouvais franchir la distance. Je voulais me blottir contre lui, mais il ne m'y invite pas. Il n'a pas de geste qui encourage, il n'a pas de geste tendre, rien. Ce mec, c'est un paradoxe à lui seul. Il s'est englué dans sa vie de vieux garçon. Je ne comprends pas. Il n'est pas bête, il n'est pas Quasimodo ; mais il ne fait aucun effort dans sa vie, dans ses relations, comme pour ses vêtements. Il avait un autre regard sur lui quand il s'est vu plein de couleurs ; il a dit : "Grand changement dans ma vie en ce moment". Suis-je comprise dedans ?
Je ne comprends pas bien... Il ne laisse pas cet espace où on pourrait penser que tout est possible. Et j'ai quand même envie de me blottir contre lui, juste pour voir qui il est vraiment...
03 février 2008
Le temps des choix
Je ne pensais pas y arriver si tôt. Je me disais : les postes seront publiés en mars, j'ai le temps de voir venir. Et puis il y a eu le Vieux, qui m'a appelée pour me parler du poste qui se libérait chez lui.
Eh oui, il va falloir que je réfléchisse sérieusement à ce que je voudrais faire l'an prochain...
La personne que je remplace dans mon petit collège ZEP part en retraite, et le poste se libère. Le principal m'a demandé si je le voulais, car il aimerait bien m'avoir. Je suis nouille de ne pas avoir anticipé le moment, car je n'ai pas été bien capable de répondre.
Il y a énormément de paramètres à prendre en compte, associés à la variable du hasard, si bien que j'avais laissé la prise de décision à plus tard. Et j'ai eu tort. Car depuis mercredi je suis torturée.
Résumons. Imaginons que je demande Petit Collège ZEP. D'abord, je n'ai aucune assurance de l'avoir. Certes, personne ne va se ruer dessus, du fait de la réputation, mais peut-être qu'un stagiaire, par le biais des bonifications familiales, peut me le souffler. Je n'ai que 41 points... (ça donne même envie de rire, tellement c'est dérisoire). Ensuite, si je l'ai, j'ai très bien compris ce qui me pendait au nez, d'ailleurs M. Principal me l'a dit clairement : une 6e. Je n'ai rien contre les 6e (même si je préfère les plus grands), mais le grand problème, c'est notre organisation réinterprétée de l'ambition réussite : je dois quasiment les "partager" avec Vieille collègue-Mme Je sais tout, comme cette année. Et une année supplémentaire, je ne pourrai pas, j'en suis malade d'avance. Cette année, je me dis que c'est provisoire, et ça m'aide à tenir le coup. Mais moi je suis faite pour mener ma barque seule. M. Principal sait très bien tout ça, mais Mme Je sais tout, sa grande amie, le tanne pour m'avoir, c'est-à-dire pour éviter quelqu'un qu'elle ne connaît pas et/ou qui serait moins diplomate que moi. Il m'a même dit : "les 3e ne seront pas intéressants l'an prochain. (c'est le niveau pourri chez nous) Vous ne vous ferez pas plaisir." Mouais... enfin, faudra bien que quelqu'un les prenne...
On peut me dire, dans ce cas, que c'est très simple : il suffit de ne pas demander Petit Collège ZEP. Mais les choses ne sont pas si faciles... D'abord, ça me permettrait de cumuler les points ZEP et de demander d'ici quelques temps le Bon Lycée de la ville (le seul où il y ait un poste de Lettres Classiques), si personne ne me le souffle. Ensuite, j'avoue que, malgré tout ce que je vis là-bas, j'y suis quand même attachée. J'aimerais suivre mes latinistes. J'apprécie bon nombre de collègues.
A l'inverse, j'ai peur, en ayant le poste et en repartant à zéro dans les points, de rester bloquée là-bas pendant des lustres. Et cette perspective ne me plaît pas. Je ne vois ce poste que comme une transition, je rêve toujours du lycée, et d'ailleurs. Plus largement, j'ai peur, en restant bloquée dans cette sinistre cité pour toujours, de ne pas rencontrer plus de personnes qu'actuellement, et de finir comme plusieurs de mes collègues de Petit Collège ZEP : célibataire endurcie, voire très endurcie...
D'un autre côté, si je reste TZR, je sais ce qui m'attend : des kms et des kms, seulement du provisoire, peut-être le congé mater de E., mais surtout beaucoup d'autres choses très loin, et pas vraiment de liens avec les gens, même si je peux composer avec ce genre de difficultés, et que j'arrive à m'adapter très vite.
C'est très compliqué. S., TZR elle aussi, finit de semer le doute dans mon esprit en me disant de ne pas chercher à me fixer tant que ça ne me plaira pas à 100%, de rester TZR puisque ça me donne une chance d'enseigner en lycée, de voir du pays et de réfléchir. Elle tente de me rapatrier près de Grande Ville étudiante, à 100 bornes d'ici, auprès d'elle et de la vie qui bouge, mais je ne veux pas changer de zone, et je ne suis même plus sûre de vouloir aller y vivre... Beaucoup de choses ont changé, et je ne veux pas risquer de me retrouver sur un remplacement dans le collège du Vieux. A. et ma mère me disent de demander le poste, puisque de toute façon, rien ne dit que je l'aurai. Pythagore et quelques collègues très proches me disent de me battre pour récupérer des 4e et des 3e, même s'ils sont plus que terribles. Mon frère a peur que je ne reste enterrée pour toujours dans Sinistre Cité...
Et moi ? Je m'énerve, je pleure, je cogite, cogite... Sans solution. Je vais commencer à baliser le terrain à Petit Collège ZEP, au cas où je reste, et puis attendre de voir la liste des postes qui se libèrent en mars.
Et... espérer qu'une fois de plus ça tournera à mon avantage...


