26 octobre 2007
H-2
Plus que 2h de cours (pas les moindres, mais ça ira bien).
Je pars en vacances le coeur léger... avec une super coupe et des nouvelles mèches. Il faut dire que je suis restée 4h chez le coiffeur mercredi, alors ça peut être beau ! 4h de bonheur à me faire toucher les cheveux par un très beau mec, à croiser son regard sombre dans le miroir, à me faire masser le crâne... Le rêve !
Bon, ce qui est moins le rêve, c'est que je crois que je n'aurai jamais plus qu'un massage du crâne ; je commence à me demander s'il ne préfère pas les garçons... Ça fait très cliché pour un coiffeur, mais il se pourrait bien que son collègue soit plus que son collègue. Je vais mener l'enquête. Je n'ai pas eu le courage de lui donner mon numéro pour aller boire un verre, mais avec un peu d'habileté, je devrais réussir à le croiser dans la rue !
A part ça, le Bertrand est tellement peu fun que je ne réponds presque plus. Je n'arrive pas à lui parler, il faut dire que je ne le connais pas, ça n'aide pas !
Pour clore le chapitre des prétendants, ajoutons A. qui est de plus en plus jaloux de tout mon entourage masculin (c'est le seul à ne pas s'être extasié devant ma nouvelle coiffure, mais à l'avoir qualifiée de "spéciale"), et puis mon ancien voisin, collègue très très sympa, qui passe décidément beaucoup de temps avec moi ces derniers temps... L'an dernier je le trouvais un peu "benêt" (j'ai honte !), et là je l'apprécie particulièrement et je ris bien avec.
Allez, il est temps de penser aux vacances, je déconnecte pendant une semaine !
24 octobre 2007
Elles arrivent !!!
Allez, on y est presque !!! Tellement près des vacances qu'aujourd'hui je n'ai pas envie de travailler. J'ai donc décidé d'aller chez le coiffeur.
Mais je ne vais pas chez le coiffeur pour aller chez le coiffeur (j'en ai besoin malgré tout), ou pour passer le temps. Non, je pars en mission. Je change de coiffeur. Non pas parce que celui-ci, tout à côté de chez moi, semble meilleur. Non, non, point du tout.
Pour le coiffeur.
A ce stade-là, tout le monde a le droit de dire que je suis folle et désespérée. Je laisse dire.
C'est seulement que je viens de découvrir qu'à côté de chez moi, il y a un très très beau coiffeur, et qu'il est en plus sympa, intelligent, etc etc. On peut me dire que je n'en sais rien et que son apparence ne le dit pas. Certes.
Mais moi je sais.
Ce type, il y a 9 ans, il m'a roulée dans la neige en février. Il m'a poursuivie en courant dans les douches en boxer (hummm !!! L'image qui ne s'oublie pas !). Il a joué mon copain dans une pièce de théâtre (à 2 balles). Ce type, j'en ai été raide dingue quand j'avais 18 ans, alors que j'ai passé une semaine dans les montagnes enneigées pour un stage d'animation. C'était bref, on ne s'est revu que 2-3 fois après, puis chacun a perdu la trace de l'autre, puisque 100 km nous séparaient, et qu'il ne s'était rien passé vraiment.
Or, il y a 2 semaines, je vois devant moi dans la rue vers chez moi un mec beau à tomber par terre et lui ressemblant étrangement (une allure comme ça, ça ne s'oublie pas). Moi, pas têtue, je commence à le suivre et à réfléchir à un plan d'action pour savoir si c'est lui. Je n'ai pas trouvé de plan d'action. Et je suis rentrée chez moi, après l'avoir laissé rentrer dans une impasse vers chez moi (le suivre à ce moment aurait été louche !).
Dimanche, une collègue me tanne pour aller à une foire expo à la con, pour voir un défilé. Je suis, pour m'aérer. Nous regardons ledit défilé, et critiquons allégrement les mannequins qui le sont autant que nous. A la fin, noms des coiffeurs qui ont coiffé les dames. Gloups... J'ai blêmi en entendant le sien, et en le voyant !!! J'avais bien pisté le bon ! Et il était vers chez moi pour cause : il travaille vers chez moi !!!
La vie est bien faite. Je suis allée le voir, il a reconnu mon visage mais ne se souvenait pas trop (salaud !) et m'a donné sa petite carte.
Je vais faire dompter ma crinière à midi.
Ah, juste un dernier truc : il y a 9 ans, dans cette pièce débile, on jouait un gars et une fille qui se retrouvaient au bout de 10 ans et se racontaient leurs histoires sentimentales foireuses, pour finalement finir ensemble.
Y'a des coïncidences qui tuent.
19 octobre 2007
Interdit aux moins de 18 ans...
Dernière heure rafraîchissante, alors que c'était pas gagné, avec les boeufs de 4e. J'ai pris le parti d'en rire, car je ne vais pas m'affoler à une heure du week-end alors que j'ai le dos une nouvelle fois en vrac. J'ai même pu rire avec eux, et a priori, avec un cours sur le passé simple, je n'aurais pas pensé !
Quelques perles (mais pas naïves du tout) :
"Mais non, nous jouions, c'est pas le verbe jouer, c'est le verbe jouir !" Ce cher petit s'est donc retrouvé à conjuguer pouvoir au passé simple...
Conclusion de l'élève : "Madame, y'a des verbes interdits aux moins de 18 ans !" Pour quoi je passe, moi, à faire conjuguer de tels verbes !!!
17 octobre 2007
Ennui
Je m'ennuie.
Mes 6e sont gentils. Point. Mes collègues ne sont pas toujours désagréables. Leurs histoires ne m'intéressent pas.
Le Bertrand est fade. Il y aurait moyen que cette "correspondance" (puisqu'il ne s'agit que de ça) soit rigolote, originale. Bof ! C'est sans intérêt, tout simplement. Il sait trop où il veut aller : "Il n'y a pas que le travail dans la vie. Il faut en profiter." Moi j'aime mon boulot, ça ne me pèse pas. Entre lui et mon boulot... Voilà, tout est dit.
Ouh, quelle bonne journée qui s'annonce !!!
11 octobre 2007
Dans leur bulle
Il y a Erika, qui vit au foyer et voit rarement sa mère. De père, il n'est jamais question. Erika toujours en retard : "au foyer, ils sont obligés de me découper ma journée en minutes, sinon j'y arrive pas. Et j'y arrive pas quand même. C'est qu'il y a les devoirs et les tâches du foyer !" Erika qui peine et peine en cours, et fait latin. Erika en 3e qui ne sait pas où aller l'an prochain, car elle sait trop bien que ça sera très dur pour elle, où qu'elle soit. Erika qui ne se projette ni dans le futur, ni dans le passé, Erika qui pense que quand j'avais son âge, la télé n'avait ni son ni couleurs... Grande plante fragile de 15 ans, pleine de cernes et le regard éteint.
Il y a Laurine et Maéva, cheveux méchés et tirés artistiquement par des pinces, déjà très formées sous leurs tee-shirts à rayures. Laurine et Maéva, qui rient quand elles lisent le verbe "jouir" : "Non, madame, je peux pas recopier ça !!! Vous vous rendez compte ce que ça veut dire ?"... Oui, oui, "jouir d'une grande popularité", ce qui leur arrive, précisément. Laurine et Maéva, qui utilisent leurs mots pour traduire les miens : "Madame, en vrai, eux, là, c'est des colis ?", qui se retrouvent face à ma mine surprise (j'ignorais jusqu'à cet après-midi que colis avait un sens figuré), et qui chuchotent : "Attends, même ma mère elle sait ce que c'est un colis !!!".
Il y a Antoine, élevé par sa grand-mère, parce que sa mère est partie et que son père travaille tard le soir. Antoine, tout petit métis à croquer, aux grands yeux sombres et candides, Antoine qui crie de joie parce que les autres l'ont élu délégué. Antoine dont la grand-mère dit : "Il est très lent, vous savez. En fait, je vous le dis, c'est entre nous, sa mère est africaine, il a les gènes, hein, on y dit bien, ils sont un peu lents !"... Antoine qui est lent comme un enfant de 11 ans.
Il y a surtout Stéphane, intouchable, inaccessible. Stéphane toujours dans les nuages, Stéphane bouc émissaire, Stéphane constamment un train de retard, qui finit par m'agacer, malheureusement. Si à 8h05 il vient d'utiliser son classeur, il le range dans son cartable, pour le ressortir à 8h10... Stéphane dont la mère dit : "aller chez le psy est son activité extrascolaire". Stéphane pour qui personne n'a de solution. Stéphane qui reproduit quand il s'ennuie des phrases en arabe, et ne peut faire son exercice de grammaire.
Et je ne peux pas tous les adopter !!!
10 octobre 2007
La vilaine 2
Je reconnais totalement que ce que je vais faire n'est pas sympa du tout, mais alors pas du tout du tout. Et ça révèle mon exigence et ma difficulté à trouver quelqu'un.
Bon, le Bertrand est très maladroit, très très maladroit, et je ne peux m'empêcher de faire partager son premier message. C'est mal. Mais je n'y peux rien, je suis comme ça, je ne laisse rien passer.
N'ayant pas de nouvelles de lui, et l'ayant néanmoins enregistré dans mes contacts msn, à sa demande (enfin, par msn), j'ai décidé l'autre soir d'afficher comme message perso : "Pas très causant, mon nouveau contact ;)" pour rigoler et le titiller. Je reçois hier en rentrant un message différé, dont voici la teneur (je ne change que les noms) :
salut lucinette s'est bertrand. je suis tres surpris que tu dises que je ne suis pas tres causant. tu n'as rien eu ? j'ai ecrit il y a 3 jours j'etais dans l'attente d'une reponse de ta part. je me suis meme dit que tu n'etais pas interesse. je t'ai explique le pourquoi et l'interet subitement de prendre contact avec toi. mais s'il le faut je recomencerai. au fait tu es tres belle sur les photos. je dois aller travailler maintenant j'espere a mon retour avoir une bonne suprise. je vais te poser une question comme ca tu auras le temps d'y reflechir. dans une relation serieuse qu'attends tu d'un mec.
Bon allez, je suis joueuse, je vous laisse deviner pourquoi il a été éliminé de la "Prince Charmant Academy". Je vous aide, il a y 4 points, dont 2 gravissimes !!! Et au fait, je ne sais pas si c'est sa messagerie ou la mienne qui déconne, mais je n'ai rien eu. Ça fait 2 fois. Le destin doit penser qu'on ne doit pas être mis en contact !!!
Et comme je ne suis pas si dégueu que ça, je vous fais partager un autre message, où là c'est mon tour de me prendre une bonne grosse baffe :
Hello Lucinette.
I m fine and I hope you re fine too. I don't think that there were misunderstandings, i think everything was clear. Sometimes people are looking for what they need at the stars, the sky when suddently they realise that it was just next to them. I met someone this summer we are very happy together. I think that if you follow my advise you will find what you need. I wish you the best
Apollon
Enfin, comme je suis un peu nouillasse sur les bords, j'ai fait du commentaire littéraire sur ce beau message, et me suis dit qu'il était sacrément ambigu... La phrase "sometimes...to them" s'adresse en premier lieu à moi ; mais elle le concerne lui aussi, quand on voit l'enchaînement. Tadam !!!!! Et oui, j'ai été pour lui the stars et the sky !!!
Lucinette, la looseuse sentimentale
09 octobre 2007
La vilaine !
Ce soir, je suis méchante, très méchante, parce que je me suis contenue toute la journée. Mais ce ne sont pas les élèves qui m'ont énervée, non, ils sont plutôt mignons, ce sont les adultes...
Alors distribution de M---- à tous ce soir :
- M---- à ma collègue qui passe 10 mn, très sérieuse, à me justifier son cours et à m'expliquer ce que sont un sujet et un COD... C'est ça, je l'ai pas attendue pour avoir l'agrég de lettres classiques, tiens !
- M---- à la même qui cherche les confidences des élèves et les appelle "ma puce". Mais oui, et ils vont bientôt l'appeler "maman", et elle leur donnera la becquée.
- M---- à toute cette organisation pas mal désorganisée.
- M---- à tous les ragots.
- M---- à la COP qui me soutient n'importe quoi quand je sais que j'ai raison.
- M---- à ce temps de M----
- M---- à Apollon qui ce week-end m'a annoncé qu'il avait rencontré "quelqu'un" et qu'il était super heureux. Grand bien lui fasse !
- M---- au frère du marié, qu'on va appeler Bertrand, prénom que j'associe depuis l'école primaire avec les gens pas très fun. Je n'en dirai pas plus pour aujourd'hui, ça m'énerve !!!
Ah, ça soulage !!!
02 octobre 2007
Après 27 ans
Ça y est, j'ai passé ce maudit anniversaire, qui ne s'est pas trop mal passé. C'est passé, n'en parlons plus.
Beaucoup de fatigue en ce moment, les nains m'usent. Leurs questions, leur paresse, leurs colères... je ne sais pas toujours bien gérer. Je suis trop gentille, infiniment trop gentille. Mais je me soigne. C'est mieux qu'avant quand même. Le seul avantage, c'est que ça va très bien pour les 6e : mes gueulantes qui ne font pas très peur suffisent à les remettre droit, et ma grande patience les rassure. On ne peut pas tout rater !
Allez, quelques petits best of, car je les aime bien les tout petits, malgré tout :
Devant moi, au premier rang : "Madaaaaaaaaaaaaaaaaameeeeeeeeeeeee !!!!!! (Cri affolé de Johanna, inquiétude de ma part : elle n'a pas compris, j'explique trop mal... remise en question pendant une demi-seconde) Regardez, ma colle est neuve et elle est déjà bloquée !!!!!!!! Comment je vais faire ?????" ........ je reste perplexe. Elle est bête, Johanna, ou elle le fait exprès ?
Moi : "Que signifie "la pierre descellée" ? - Ben, madame, elle a plus de sel !!!" Et là, je ne peux m'empêcher de penser aux grosses pierres de sel qu'on met pour les vaches... Non, non, ce ne sont pas des boeufs mes élèves, pas encore du moins, juste des petits veaux bouclés, aux grands yeux.
Moi : "Que signifie "du papier avion" ? - Ben, du papier en forme d'avion, ça sert à envoyer la lettre plus vite." Tout est magique avec eux, tout se transforme. Je vais bientôt voir des dragons et des fées apparaître. Je les aime pour ça.
Sinon, RAS. Ou presque.
Ah... Ah ? Bon, un petit récit, pour faire croire qu'il se passe des choses dans ma vie lisse, sans grande péripétie.
Revenons presque 3 mois en arrière. Mon amie d'enfance se marie. Grosse fête, et week-end très agréable. Mon statut de célibataire ne fait pas trop parler, on m'invite quand même à danser ! Tard dans la nuit, le marié qui danse avec moi me demande ce que je pense de son frère. Moi, j'ai bien remarqué ce grand mec, qui semble cacher une grande tristesse. Je l'ai vu avec une petite, et j'ai cru comprendre qu'on lui reprochait de ne plus vivre désormais avec la mère. Je l'ai vu presque ignorer sa fille, image de la mère, et j'ai eu mal pour les deux. Je l'ai trouvé très charmant, mais très torturé. J'ai donc répondu "charmant".
La semaine dernière, j'appelle les heureux mariés, et lui récupère vite fait le téléphone pour me dire : "Pourquoi t'as pas répondu au mail de mon frère ?" Alors, dans ma tête : ....????....????.....????.... Je prends tout ça pour une blague, mais non. Point du tout. Le jour du mariage, le marié s'est mal exprimé : le frère lui a dit que la copine était bien charmante, a récupéré le mail et a envoyé un mail en août. Seulement, le hic, c'est que l'adresse qu'avait la mariée était mal recopiée ! Donc la véritable adresse a été transmise, et je devrais recevoir du courrier.
C'est bien space, tout ça.
Tiens, je me suis auto-analysée, tout à l'heure, en faisant la vaisselle. Oui, oui, souvent je médite en luttant contre le gras dans la poêle. Je me suis fait la réflexion que je ne tombais amoureuse que quand j'étais très fière du mec, éblouie, à la limite de l'orgueil. Donc j'ai besoin qu'il se démarque : genre Apollon, qui me file des frissons car il est tout mystérieux derrière ses silences, son absence de sourire, ses cicatrices, et surtout son grec. C'est moi aussi qui l'ai fabriqué, peut-être qu'il est sans aucun intérêt. Tout ça pour dire, qu'a priori pour l'instant, le frère du marié n'a que peu d'intérêt. Je suis dégueu, je ne le connais même pas, je juge sur une apparence. Sans transition, je me suis rendue compte que si j'avais du mal à vivre avec quelqu'un, c'est en partie parce que je ne supporte pas d'être assistée et je veux constamment faire tout toute seule, et dire : "je suis une femme forte, t'as vu, j'y arrive sans personne". Un blindage, résultat d'années de moquerie contre la "naine-sans seins-intello-gamine-sans intérêt" (je vous rassure, je fais désormais 1m55 et j'ai finalement des seins !!!), des années d'études dures, des années de solitude à vouloir vaincre. J'ai toujours besoin de prouver, quite à inventer de nouveaux défis.
Et j'ai besoin que lui soit pareil. Je ne veux pas l'assister, je veux qu'il soit capable de m'éblouir par ses capacités. Dans la mesure où je me sens capable de remuer des montagnes, il doit pouvoir le faire lui aussi. Je l'ai très souvent reproché aux 2 ex avec qui j'ai vécu un peu longtemps. Seulement, le temps des chevaliers est passé, et je reste à faire la samouraï seule dans mon coin. Pour rien.


